lundi, 14 mai 2012

Bahamas, de Green Turtle à Manjack

Salut à tous,

Allons faire un saut au village de New Plymouth sur Green Turtle Cay  qui a conservé le calme et le charme des années 1800. Un petit musée relate l’historique des Abacos et de ce hameau qui, à cette époque, vivait des industries de l’ananas et de l’éponge. La révolution a vu s’installer les premiers loyalistes des Etats-Unis. La construction navale tout comme le commerce maritime s’y  sont développés. Aujourd’hui c’est plutôt le tourisme et l’industrie du bateau qui font vivre ce village fort sympathique ainsi que les Bahamas en général.

Quelques échoppes – qui sont encore tenues par les descendants des premières grandes familles d’émigrants Curry, Lowe, Robert, Saunders, etc. – permettront aux visiteurs de passage de s’y ravitailler. Deux quincailleries,  un bureau de poste, une banque, le bureau des douanes, marinas, yacht club, chantier naval complèteront le décors.






Manjack Cay, l’île suivante, nous y retrouvons nos amis du Roi Soleil, Gigi et Lulu, ainsi que Bill et Leslie que nous sommes heureux de revoir. Toujours aussi chaleureux et accueillants ils nous  permettent de passer d’excellents moments sur leur petit coin de paradis.




Avec Leslie, Marvin ne demande pas mieux que de mettre en pratique ce qu’il avait appris dans les livres du CNED; observer sous couveuse des œufs fécondés, voyant ainsi les petits poussins se déplacer à l’intérieur en attendant leur éclosion pendant qu’un jeune poulet de la couvée précédente se laisse caresser. Quant à Bill il est tout heureux d’inviter Marvin à sauter sur son tracteur pour aller déverser au jardin les algues ramassées sur la plage qui serviront de fertilisant pour les légumes. Puis, une fois cette tâche terminée, ils se prennent du bon temps en allant tirer quelques bords ensemble dans la baie.














Le chant des oiseaux nous accompagne sur les chemins ouverts à travers l’île et entretenus en permanence par Bill et Leslie. On y observe orchidées et ananas sauvages, toute sorte d’arbres aux écorces variées …



…en nous rendant côté océan où la plage de Tresure Cay (qui soi-disant était la plus belle du monde) n’a rien à envier à celle de Manjack qui est bien plus sauvage.





Lorsqu’on prend de la hauteur, l’océan nous invite à l’évasion avec ses différentes teintes en nous laissant  apprécier la quiétude de l’endroit,  tout en recherchant dans les rochers des piscines ou grottes qui se remplissent ou se vident au gré des marées. Quant à Marvin, qui n’est jamais à court d’imagination, il vient de se dégoter un demi tonneau en plastique qui lui servira de radeau pour l’après-midi. Dis maman c’est loin l’Amérique ? Tais-toi et rame !
















Côté palette de couleurs, je crois que ces fleurs tropicales nous en donnent un bel éventail.



Nous sommes arrivés ici au début du mois avec l’intention d’y rester une semaine et de traverser vers les US. Mais voilà, en ce mois d’avril la météo reste capricieuse et nous n’arrivons pas à aligner une météo favorable pour un trajet de 5 jours en mer avec des vents stables. Les fronts de succèdent en se mêlant parfois avec des vagues tropicales, ce qui nous amène pluie, instabilité et vents forts de toute direction. C’est comme ça que nous avons passé un week-end de Pâques plutôt mouillé et venteux. Soyons positifs cela nous aura permis de décorer les œufs.












Ces systèmes dépressionnaires ne font que passer et durent à tout casser un jour ou deux, mais l’instabilité qui s’ensuit ne nous permet pas de prendre la mer. Nous ne nous plaignons pas, nous sommes entourés d’amis, Marvin est comme un coq en pâte, mais il manque un peu d’enfants alentours alors inutile de préciser que lorsque nous avons vu un bateau bleu se pointer à l’entrée de la baie les jumelles ont passé directement dans les mains de notre moussaillon qui, une fois identifié, a sauté à la VHF pour appeler Blue Note et leur souhaiter la bienvenue.


Dès que leur ancre a été posée on s’est tous retrouvé à la plage L’île a commencé alors à vibrer sous les cris de Paula, Jeanne, Gabriel et Marvin qui se sont inventés mille jeux rien ne pouvant les arrêter. Voyant cette bande de joyeux lurons, Bill n’a pas hésité une seconde à  leur installer un toboggan en bout de ponton ce qui  n’a fait qu’augmenter leur choix de jeux. Ce n’est que les lèvres bleutées et le corps secoué de frissons qu’ils arrêteront leurs glissades.













Nous pensions être déjà partis et ne pas voir l’éclosion des poussins, mais nous sommes toujours à Manjack ce 20 avril et Marvin peut suivre en direct leur naissance. Quelques heures après leur sortie de l’œuf un petit duvet jaune recouvre le corps de ces petites créatures qui sautillent d’un pas encore mal assuré autour de leur  maman d’adoption après la couveuse.




Un magnifique couché de soleil avec de gros nuages donnent de la dimension à la météo annoncée. Le lendemain au matin une couleur légèrement rosée avec toujours des nuages chargés de reproches qui n’attendent qu’une goutte supplémentaire pour que le vase déborde, le vent se chargeant de balayer le ciel de ses  rafales en imposant sa force à 40/50 nœuds. Du coup la mer se révolte elle aussi en tentant de s’opposer au vent ce qui dissuade le commun des mortels de rester dans ce mouillage. Nous levons l’ancre les uns après les autres, traversons la baie sur Great Abacos pour nous abriter des éléments qui nous frappent de plein fouet puisqu’ils se sont orientés  OSO. La rive opposée fera l’affaire jusqu’à ce qu’ils tournent à nouveau ONO ce qui nous fait revenir sur Manjack.  Le côté positif dans tout ça c’est que les algues n’ont pas le temps de prendre racine sous la coque.







Mais bon vous le savez tous après la pluie….



... et avec le beau temps nous voyons entrer dans la baie un grand U attaché d’un 5 à l’étrave d’un bateau. Nos amis canadiens d’U5 arrivent. Les retrouvailles sont émouvantes, les enfants profitent de chaque instant car le temps commence à leur être compté. U5 ne font que passer, ils reprennent déjà la route demain après-midi et nous partons le surlendemain.




Dès midi et jusque tard dans la nuit, un feu réunit tous les amis avec en prime une chasse au trésor organisée par Hélène. Dans la noirceur de la nuit les épées et des bulles fluorescentes illuminent la plage pour un combat digne des héros de Stars Wars.












Une fois U5 partis, nous proposons à Marvin qui a le cœur en peine, de nous emmener naviguer sur Dove of Peace à travers la baie, histoire de lui changer les idées.













Puis c’est à notre tour de lever l’ancre ce 26 avril 06.30 tout est prêt, le moteur ronronne, l’ancre est remontée, le génois léger est à poste sur la filière, Bill et Leslie saluent notre départ d’un coup de lambis. C’est la larme à l’œil que nous quittons nos amis. La mer est d’huile, une légère brise nous pousse à 3 nœuds. Vers les 10 heures les thermiques matinaux s’apaisent notre vitesse s’en ressent, 1 nœud au compteur. On lance le moteur pour aider les voiles à faire leur travail et continuer à garder un semblant de vitesse. Après 30 miles, le VHF crépite, nos amis de Roi Soleil qui étaient sous spi il y a quelques heures ont quelques soucis depuis qu’ils ont lancé leur moteur, il surchauffe. Ils font demi tour en nous disant de continuer notre route ce que nous faisons pendant une vingtaine de minutes, sans toutefois être convaincus de les laisser en plan avec leur moteur.

De plus les vents annoncés ne sont pas là, il nous faudrait faire tout le trajet, plus de 200miles, voiles-moteur. Pas terrible comme plan vous en conviendrez alors nous aussi nous rebroussons chemin ce qui soulage nos amis de nous savoir proche au cas où. En fin de journée, les thermiques se lèvent à nouveau. Bien entendu cette fois-ci ils sont en face, Gigi et Lulu tirent des bords alors qu’on pousse au moteur sans qu’on puisse les rattraper. A minuit nous sommes tous de retour à la case départ.


Dès le lendemain les hommes s’attèlent à la tâche, démontent le moteur, refont des pièces défectueuses dans  l’atelier de Bill ce qui rend le travail plus aisé qu’à bord. Ils travaillent d’arrache-pied pendant que nous reprenons notre quotidien. Leslie offre à Marvin une bande de têtards pour sa prochaine leçon de science, certains étant au stade de l’œuf, d’autres viennent juste d’éclore alors que les plus avancés ont déjà de petites pattes à l’arrière. C’est parti pour accumuler un maximum de renseignements sur la vie et la métamorphose de ces petites bêtes qui verront naître on l’espère de petites grenouilles.






Bob, notre voisin de bateau a un adorable petit chien que Marvin se fait un plaisir de prendre lors de nos promenades sur l’île. A peine hésitant au début, Bailey saute maintenant directement dans l’annexe quand nous approchons. Il a vite compris que Marvin et lui deviendraient de bons copains de jeux.




Un après-midi cerf-volant réunit tout le monde côté océan. On serait surpris de savoir qui sont les enfants et combien de cerfs-volants sont ressortis des coffres…, tout le monde en avait un, deux, voire plus à bord.





 Et pour terminer ce bel après-midi, nous passons la soirée sur Roi soleil où devant un succulent curry au lait de coco, Gigi et Lulu nous parlent des pierres de fée qu’ils ont trouvées lors d’un de leur passage au Canada. Marvin les écoute d’une oreille attentive, tout comme nous puisque nous ne connaissons pas ces pierres. Ces concrétions se sont formées lors du recul du front glaciaire, faites de sable et de limon liés par du calcaire, elles étaient considérées par les Amérindiens comme porte-bonheur quand ils partaient à la chasse. Ces pierres ressemblent à des biscuits, plates d’un côté, comportant des renflements de l’autre, on peut y trouver des traces de fossiles sur certaines. Leur histoire en fait un objet précieux à elle seule,  mais lorsque nos amis sortent leur collection et nous demandent d’en choisir une chacun, nous savons que notre amitié sera scellée à jamais par le pouvoir des ces amulettes.




Etant sédentaires, les jours passent mais ne se ressemblent pas, il y a toujours quelque chose à faire en attendant que la météo nous laisse du répit. Nous sommes entourés d’amis, les poussins grandissent, les têtards se métamorphosent en grenouilles, deux cigales garnissent nos assiettes un soir, les couchés de soleil et les levés de lune sont toujours aussi sublimes. Il y a pire vous en conviendrez en attendant un nouveau départ sur les USA.







Avec nos meilleures pensées
Les New Life en balade

samedi, 7 avril 2012

Bahamas, de Georges Town (Exumas) à Green Turtle (Abacos)

Salut à tous,

Aucun regret d’avoir quitté l’énorme camp de vacances de George Town qui nous aura tout de même appris que le ridicule ne tue pas.

A l’annonce d’un front conséquent dans 2 jours, il est clair que nous n’allons pas rester parmi plus de 300 bateaux au mouillage. Nous nous dirigeons donc vers Little Farmer où nous aurons la possibilité de nous abriter des vents d’Ouest du côté du Yacht Club et lorsque ces derniers tourneront Est, nous nous mettrons du côté de l’aéroport, à l’Ouest de l’île et serons ainsi à la « chotte » comme on dit par chez nous.

La première chose que nous vérifions lorsque nous captons internet, ce sont les gribs météo. Comme les isobares sont très serrés, nous décidons de prendre par sécurité une bouée au Yacht Club (20$/nuit), pour laisser passer le gros du front cette nuit. Ce qui, réflexion faite le lendemain matin, a été une erreur car le vent rencontrant un courant opposé bien plus fort maintenait en permanence le bateau par le travers. Et voilà à quoi ressemble aujourd’hui le mouillage idyllique d’hier après-midi.




Inutile de préciser que nous n’avons pas vraiment dormi, nous relayant pour veiller. A 2h00 du matin une corne de brune sonne, un bateau dérape sur un autre. Puis la VHF crépite, un PAN PAN est lancé. Un des voiliers amarrés sur les bouées d’Océan Cabine s’échoue, les amarres de la bouée s’étant rompues. Personne ne pouvant intervenir au milieu de la nuit - avec des annexes équipées des petits hors bord, dans un courant de plus de 4 nœuds et des vents soufflant à 35 avec des pointes à 40 nœuds dans les rafales - nous restons les bras ballants entendant les PAN PAN répétés. Vers 03h00 les appels VHF sont captés par un habitant du village qui envoie sur zone une vedette avec deux moteurs de 350 CV pour sortir le bateau de ce mauvais pas.

Le vent ayant tourné au matin, nous nous déplaçons à l’Ouest de l’île. La mer est calme de ce côté-ci. Je lance un appel général à la VHF en français et en anglais pour en aviser les autres bateaux restés à l’Est en prenant des nouvelles au passage de Sestina, le bateau qui s’était échoué dans la nuit. Etant en plein vent et courant, ils nous remercient de l’info et viennent se protéger également. Une fois abrité, Michael en profite pour plonger et voir les dégâts sous sa quille, qui se révèlent n’être pas trop conséquents à comparer de la barre de flèche tribord qui s’est cassée dans la manœuvre de déséchouage. En effet lorsqu’ils ont fait pencher le voilier pour le tirer, une drisse s’est prise dans la barre de flèche la déchirant. Impossible de réparer un tel dommage si ce n’est de sécuriser un maximum les haubans afin que le mât ne tombe pas vu la faiblesse du gréement. Il s’agit maintenant pour Michael et Janet d’attendre une accalmie de la météo, de n’utiliser que le génois et encore, pour se rendre au plus vite en Floride et réparer. Rien que nous puissions faire pour les aider.

Après 4 jours les éléments décident enfin de se remettre au beau, nous pouvons donc rallier Blackpoint, escale que nous nous étions promis de refaire. L’animation est dense au quai de déchargement avec l’arrivée du mail boat qui ravitaille. Nous profitons que l’Adderley Store soit réapprovisionné pour avaler une énorme glace à la fraise qui ne vaudra pas celle de grand-maman avouera Marvin, mais qui fait quand même du bien.





Nous retrouvons le chaleureux accueil de cette communauté. Détour incontournable par la laverie où Aïda est toujours fidèle au poste, son cake aux carottes sur le comptoir pour les amatrices de douceur. Les machines tournent on taille un bavette, on profite d’internet. En rentrant au bateau, nous croisons également Willy Rolle le sculpteur éclairé qui, cette fois-ci noyait son imagination devant quelques verres de rhum, le bois flotté du bush ne l’ayant certainement pas inspiré ! (Blackpoint, voir publication de mars 2012).

Bien équipée, la police du coin patrouille en douceur en affichant clairement sa priorité, ce qui nous fait gentiment sourire car ici tous les îliens ou presque, fument du cannabis; ça fait partie de leur culture reggæ et pétard vont de paire. Cela dit les policiers sont super cool, je le précise car je crois que c’est bien la première fois que Thierry n’a aucun ennui avec, ni n’est suspecté de quoique ce soit quand il roule son tabac. Il s’est même offert le luxe d’un bavardage tout à fait amical avec l’un deux en lui tendant boîte et papier pour qu’il se roule une cigarette.






Ce soir, c’est la pleine lune. Qui dit pleine lune dit forcément gros marnage de marée. Nous en profitons pour aller nous balader sur la plage qui découvre presque entièrement recherchant la vie sur le banc asséché, observant les Sand Piper débusquant du sable des larves pour leur repas, retrouvant leurs empruntes et celles des chiens qui gambadent eux aussi sur cette étendue. D’autre en profite pour échouer leur bateau et faire des travaux sur leurs gouvernails, les pieds au sec.






De retour à bord, Marvin est déterminé à nous ramener le souper. Il nous dit avoir vu des crabes comme ça …






… se balader sous le bateau. Alors il s’équipe, trident en mains, prêt à harponner un de ces magnifiques crustacés. Ses apnées sont de plus en plus longues, il descend facilement à 2 ou 3 mètres, remonte plusieurs fois bredouille, mais continue, persévère en nous disant qu’à la prochaine immersion, il en aura un. La chasse, ce n’est pas simple, il faut être patient, débusquer l’animal, le piquer et une fois attrapé, garder suffisamment de souffle pour le remonter en s’assurant qu’il soit bien transpercé pour ne pas le perdre. Imiter les adultes ce n’est pas toujours facile mais lorsqu’il est déterminé, rien n’arrête notre moussaillon.

En ressortant la tête de l’eau, il me dit de commencer la pâte à gâteau pour la quiche au crabe de ce soir, il en a repéré un gros et cette fois-ci il va l’avoir c’est sûr. Occupée donc à l’exécution de la pâte, je l’entends soudain hurler : JE L’AI EU ! Thierry qui était resté à l’arrière en observation le félicite, bravo tu l’as attrapé, je n’aurai jamais réussi un tel exploit, wahou, super. Le temps de poser ma pâte, de me laver les mains et de les rejoindre sur le pont, nous partons tous d’un bel éclat de rire. Effectivement, il fallait le harponner celui-là, mais désolée pour la quiche bonhomme ce ne sera pas suffisant et vous aurez une pizza à la place.






Le lendemain de cette belle partie de pêche, il est inutile de tenter une sortie en mer, elle s’est démontée avec le vent d’Est qui a soufflé cette nuit. Marvin toujours déterminé à chasser se remet à l’eau après l’école, mais il en ressortira illico presto se faisant « attaquer » par un « énorme crabe » nous dira-t-il en hurlant. A peine commence-t-il à taquiner les bébés crabes qu’un plus gros sort de sa cachette et lui fonce dessus le prenant certainement pour une proie. Entendons-nous sur le terme gros, il faisait à tout casser 10 cm de diamètre, pinces comprises. Je lance en riant : C’est peut-être la maman du petit crabe que tu as attrapé hier qui vient se venger ! Il n’a pas trouvé la plaisanterie très drôle.

Après ces émotions nous descendons à terre, je m’occupe d’internet pendant que mes hommes retournent au souffleur qu’on entend gronder du village.







4 jours plus tard nous pouvons quitter Blackpoint, le front a passé. Nous voulions rallier Warderick Well, la réserve naturelle, mais la navigation est tellement belle que nous décidons de continuer notre route. New Life file en moyenne à 5 nœuds, sous grand-voile et génois, vent ¾ arrière, l’allure qu’il préfère, la mer est calme et nous profitons des tons sur tons bleu, vert, émeraude, turquoise et j’en passe.

Nous en déduisons en croisant ce bateau – aperçu à Nassau lorsque nous y étions - en navigation que son propriétaire doit être à bord, l’hélicoptère étant prêt à décoller au cas où ce dernier devrait retourner travailler de toute urgence !





A Highburn Cay nous retrouvons nos autres amis canadiens de Taranga et les français de Blue Note que nous avions quittés à Little Farmer. Les enfants sont tout heureux de se retrouver à la plage après l’école matinale - besogne qui est la même sur tous les bateaux - en reprenant leurs jeux, là où ils les avaient laissés il y a quelques semaines de cela.





Le lendemain, c’est à nouveau le départ, mais comme notre vie ne fonctionne qu’au feeling, aux besoins et à l’envie de découverte, nos chemins se séparent à nouveau en tout cas avec la famille de Blue Note, Jean-Laurent et Marion se dirigeant sur Allens’s Cay et Nassau.

La météo annonce des passages nuageux avec grains, mais les vents d’Est à 15/18 noeuds avec des pointes à 20 dans les rafales nous conviennent à Taranga et à nous pour quitter les Exumas et faire route sur l’île d’Eleuthera distante de 40 miles. Un départ sous voiles au lever du jour pour ne pas réveiller nos voisins nous met dans l’ambiance. La matinée se déroule sans souci, nous avançons à 5 nœuds. Avec Marvin, allongés dans le cockpit, nous faisons du calcul oral, nous inventons des rimes, jouons à qui suis-je, le capitaine participant également en tentant de nous faire découvrir des personnages célèbres ne répondant que par oui ou non à nos questions. L’ambiance est détendue et on rigole bien.

Vers les 11h00 le ciel se charge et nous avons droit à notre premier grain. Cirés et bottes sont sortis de leur placard. L’horizon voilé, la visibilité se réduit, les bleus ne sont plus aussi distincts ce qui nous arrange moyennement puisqu’il nous faut maintenant traverser un champ de patates.





Pendant que le capitaine prend un ris dans la grand-voile pour diminuer la vitesse je lance le moteur - qui restera au point mort - mais sera prêt au cas où on devrait éviter une patate rapidement. Rassurez-vous nous ne sommes pas en pleine campagne mais cet endroit est truffé de tête de coraux, certaines plus grosses que d’autres sont à fleur de l’eau. Nous comptions sur la luminosité pour zigzaguer là à travers, mais il faudra faire sans. Pierre de Taranga qui est à quelques miles derrière, nous appelle pour nous informer qu’ils changent de destination en pointant sur Nassau. Ils ne se sentent pas à l’aise de traverser cette zone de hauts-fonds avec les conditions météo actuelles. Nous les comprenons puisque nous aussi nous hésitons à faire demi-tour en changeant notre direction, mais le grain a passé, on recommence à distinguer les différentes couleurs, finalement on continue en leur souhaitant bon vent. Les enfants de part et d’autre sont déçus bien évidemment, mais on se reverra certainement.

Divergence d’opinion avec le capitaine qui veut laisser South Rock et Bush Cay sur tribord alors que je veux les laisser sur babord. Il semblerait qu’il y ait moins de coraux de ce côté-ci, va t’en rendre compte par toi-même à la table à cartes… Il y a de la tension à bord, c’est certain et on s’envoie mutuellement sur les roses, chacun campant sur son idée. Difficile de partager le bateau en deux, donc on va penser sécurité en analysant positivement la situation. Finalement Thierry se rallie à mon idée, je vais à l’avant pour le guider au mieux parmi les pâtés, il garde un œil sur le sondeur tout en avançant à pas de loup.

Une heure et demi plus tard, nous sortons de cet endroit mal pavé. Voilure relancée, moteur réduit au silence, nous reprenons de la vitesse, bien que l’horizon ne soit toutefois pas très prometteur, le prochain grain n’est pas loin. Cette fois-ci nous aurons de l’eau à courir donc plus de souci à avoir. Marvin quant à lui ne se préoccupe guère de la gîte du bateau ou du temps qu’il fait, il est bien installé devant un DVD.







Arrivant sur Eleuthera vers les 19h00, nous passons la nuit devant le village de Lower Bogue, gardant la cerise sur le gâteau pour demain ; Current Cut. Pour passer ce goulet, il nous faut non seulement une bonne visibilité, mais également être en symbiose avec le courant de marée afin qu’il nous pousse dans le cut sans qu’on ait à lutter contre. Deux heures avant l’étale nous paraît judicieux. Pour une fois on ne sera pas trop faux puisqu’un autre voilier ouvre la route et que trois autres nous suivent. Les 8 nœuds du GPS nous informent que nous avons encore 3 nœuds de courant portant. La luminosité est telle ce matin que l’eau turquoise colore même les nuages de pastel.







Une fois le bateau ancré devant Russel Island, nous partons découvrir le charmant village de pêcheurs de Spanish Well où les peintures humoristiques des façades confirment l’ambiance locale. Nous retrouvons par le plus grand des hasards Gérald et Rita du bateau Amphora que nous avions rencontrés et quittés sur la côte Est des USA quelques mois auparavant. Lorsqu’on se retrouve entre compatriotes, on parle bien entendu du pays, du gruyère, du chocolat, du vin blanc en ayant les papilles gustatives en action tout en se disant que malgré ces « carences » on n’est pas si mal en tong et T-shirt, les doigts de pieds en éventail alors que chez nous ils sont encore avec bottes et anorak en train de pelleter la neige.





Un supermarché bien achalandé nous permet de refaire le plein de produits frais. Retournant au bateau avec nos achats, nous sommes attirés par un rassemblement bruyant autour d’un terrain. Curieux de nature, nous allons voir ce qui s’y passe et c’est comme ça que nous avalerons un hamburger/frites en assistant à un match de baseball, les Stingray de Rum Cay contre les Divers de Spanish Wells. Nous ne connaissons pas toutes les règles de ce jeu, mais les cris, les encouragements des supporters, les engueulades des entraîneurs prodiguant conseils et tactique à son équipe respective valaient plus le détour que le match en lui-même. Nous avons passé un excellent moment.







Quelques jours plus tard nous saisissons la fenêtre météo qui se présente avec un vent annoncé de secteur ENE de 15 à 18 nœuds, pour parcourir les 55 miles nous séparant des îles Abacos dans le nord des Bahamas. Quittant Spanish Wells au lever du jour pour bénéficier de la marée haute, nous contournons Charles Island empruntons le canal dragué et balisé jusqu’à Gun point et pointons l’étrave sur Ridley Head. Il est conseillé de louer (35$) les services d’un pilote officiel pour ce passage soi-disant délicat. Nous ne l’avons pas fait et n’avons rencontré aucun souci. Il y a de l’eau en suffisance, même plus profond que ce est indiqué sur les cartes, la mer était calme. Avis donc aux amateurs, ce passage se négocie magnifiquement sans pilote si les conditions sont bonnes.






La ligne est à poste, une belle dorade nous ferait du bien surtout que ça fait quelque temps que rien n’a mordu. Ce matin les vents sont faibles d’E à 10 nœuds, la houle de la veille est encore bien présente, nous la prenons par le travers, ce qui nous fait rouler un peu. Beaucoup d’algues en suspension nous donnent à chaque fois de faux espoirs lorsque la ligne se déroule.

Le vent d’E monte à 15 nœuds dans l’après-midi et tourne ENE, le bateau, plus confortable, file à 5 nœuds. Toujours rien au bout de l’hameçon qu’on remonte régulièrement afin d’enlever la salade qu’on pique au passage. Les restes d’un rizotto feront l’affaire pour le souper que nous prenons plus tôt que d’habitude pour profiter encore de la clarté du jour. Marvin et le cap n’ont pas grand appétit, la houle de la journée les a rendu non pas malades mais un peu nauséeux.

En soirée le vent monte de quelques nœuds, mais tourne au NE ce qui ne nous arrange guère, nous sommes au pré serré, voiles bordées à fond. Il reste 21 miles à parcourir. Comme nous devons tirer des bords pour garder le cap sous cette allure, nous rentrons à ligne de pêche afin d’éviter qu’elle ne se prenne dans le gouvernail en disant donc adieu à toute dorade.

Vu l’heure nous savons que le Cut de Little Harbour se passera de nuit, ce qui me plaît que moyennement puisque la visibilité sera réduite à néant. Après son DVD Marvin retrouve les bras de Morphée et n’entend même pas lorsque nous lançons le moteur pour soutenir l’allure et maintenir le cap sur les derniers 10 miles. Le cut, plus large que ce qu’il ne paraît, se négociera très bien et c’est à 23h30 que l’ancre plonge derrière Lynyard Cay où nous passerons la nuit.

Lorsque Marvin se réveille le lendemain, il est tout content d’être déjà arrivé. Comme d’habitude, il a faim, mais ce matin son petit-déj ne passera pas, il nourrira les poissons avant de retourner se coucher. Nous profitons du vent qui s’est positionné à nouveau à l’Est pour continuer notre route jusqu’à Elbow Cay. Le trajet est plus agréable, la houle cassée par les îles permet à l’estomac du moussaillon de se remettre d’aplomb. C’est un magnifique arc-en-ciel qui déploie ses couleurs pour nous accueillir à Elbow Cay.







5 éclats toutes les 15 secondes le phare de Hope Town visible à 17 miles à la ronde flashe dès la nuit tombée son faisceau étant pour les marins encore en mer LA lueur qui leur évitera hauts-fonds et écueils afin qu’ils rentrent au port en toute sécurité.

Construit en 1864 et restauré en 1934 ce phare de 120 pieds est visitable en journée. Nous étions persuadés que Marvin était déjà rentré dans un phare tant nous en avons visité, mais il nous assure que non, alors ni une ni deux - attaquant les 101 marches qui nous amènent à sa lanterne - il est temps de combler cette lacune. Thierry s’occupe de la partie technique en expliquant à notre moussaillon le fonctionnement de cette belle mécanique. On en profite pour lui parler de l’importance, de la relève, de la vie des gardiens de phare avant que ces derniers ne soient automatisés ainsi que de la responsabilité qu’ils avaient vis-à-vis des marins.







Une vue sur 360° du balcon nous permet d’apercevoir New Life au mouillage, la barrière de corail au large, les îlots alentours et de mieux comprendre l’origine du mot Bahamas, qui vient de l’espagnol « baja mar » ce qui veut dire eau peu profonde ; même la barge quittant le port soulève un nuage de sable sur son passage.






Nous apprécions le calme du mouillage extérieur car dans le lagon de Hope Town impossible de mouiller puisque le plan d’eau est occupé par des bouées payantes.






Vu la proximité d’Elbow Cay avec Marsh Harbour, le village de Hope Town est pris d’assaut par les visiteurs et les vacanciers. Pour ceux qui louent une golf car, il est parfois difficile de trouver une place pour garer leur véhicule. J’ai lu que sur la côte au vent de cette île il y a une plage de sable, non pas noir ou blanche comme nous en avons l’habitude, mais rose. Ni une ni deux on y va. Le sable aussi fin que de la farine, est en fait rempli de minuscules particules de coquillages brisés ce qui lui donne ce pastel de rose qui contraste si bien avec le turquoise de l’océan.







Un saut à Marsh Harbour pour un réapprovisionnement et la lessive. Heureusement côté lavage je n’ai que deux machines car plus de la moitié des appareils sont « out of service » et ce depuis 6 mois déjà, sans que personne ne s’en inquiète ou ne les répare. Eh oui, c’est comme ça, on fait avec me dira une cliente en haussant les épaules, un sourire jusqu'aux oreilles.





En fait à Marsh Harbour nous n’avons plus grand-chose à y faire, donc nous levons l’ancre le lendemain pour Tresure Cay qui, a une des plus belles plages du monde paraît-il, alors allons-y.





Nous profitons quelques jours de ce beau lagon avant d’aller à Green Turtle où nous laisserons passer le front suivant. Ne croyez pas qu’on s’ennuie lorsque nous devons rester à bord pour laisser à la météo le temps de se rétablir ; non il y a toujours quelque chose à faire surtout avec un moussaillon qui déborde d’idées et qui veut se construire aujourd’hui un catamaran avec ce qu’il a sous la main. Pendant que papa le conseille dans sa construction, je façonne un pain et prépare un gâteau pour les gourmands.






Le surlendemain, une fois le front passé, il est temps d’essayer le catamaran dans le lagon de White Sound. Il chavire au premier essai n’étant pas assez lesté. Qu’à cela ne tienne le constructeur en herbe l’avait prévu, il ajoute juste ce qu’il faut de sable pour son équilibrage et le tour est joué.







Je terminerai aujourd’hui avec une pensée pour certains idéalistes écologiques qui pensent qu’en payant de 5 à 25 $ par sac d’ordures déposé, qu’elles seront triées, recyclées et envoyées dans une usine d’incinération. Désolée de vous contredire mesdames et messieurs, avec preuve à l’appui cette fois-ci, dans les Bahamas, elles sont tout simplement brûlées en plein air (comme dans bien des pays d’ailleurs). Alors avant d’avancer de telles sommes pour avoir la conscience tranquille comme vous dites, faites votre tri, ne gardez à bord que ce que la nature ne pourrait « manger ». Pour tout ce qui est plastique, alu, boîtes, canettes, etc. rincez-les avant de les mettre en sac ce qui vous évitera des odeurs nauséabondes sur le bateau. Soyez votre propre CONSCIENCE, la nature vous en remerciera et dites-vous bien que ce n’est pas en vous voilant la face et en payant que cela se fera plus proprement, en ce qui concerne ces îles en tout cas !







Avec nos meilleures pensées,
Les New life en balade

lundi, 12 mars 2012

Bahamas, de Staniel Cay à George Town

Salut à tous,

Laissant derrière nous les cochons de Staniel Cay, nous nous dirigeons vers Black Point qui se trouve sur Great Guana Cay.

Vu que le peu de pluie de ces dernières semaines et les vents trop forts pour installer le taux de récupération d’eau ne m’ont pas permis de laver, la priorité est donnée à la lessive qui s’est accumulée un peu partout dans le bateau. Le Rockside Laundry avec vue sur le mouillage fera l’affaire. Aïda, la responsable de la laverie, vient volontiers tailler une bavette avec ses clientes à qui elle propose un morceau de son excellent cake aux carottes pendant que les machines tournent. Pour 4$ vous pourrez profiter des douches, avec eau chaude, de la laverie. Que demander de mieux ?




Internet peut-être…
Ici il y a l’embarras du choix; à la laverie, au Lauraine’s Café, aux restaurants DeShamon ou Scorpio. Avec une bonne antenne vous pourrez peut-être capter un signal du bateau. Voilà ce qui explique notamment la popularité de ce mouillage. Nous profitons également de ces facilités pour mettre à jour le blog et appeler nos familles via skype.





Toutes ces îles sont magnifiques, leurs eaux et les fonds marins splendides, les explorations terrestres bien diversifiées, mais une chose manque au tableau, le contact et les rencontres avec les locaux. C’est pourquoi lorsque nous entendons qu’une journée de solidarité est mise sur pied pour soutenir l’école nous n’hésitons pas une seconde. Cela donnera à nos enfants l’occasion de se mêler aux bahamiens, de partager leurs jeux dans la cour de récréation et de visiter leurs classes. Quant à nous, les « mamans-maîtresses » nous en profiterons pour bavarder avec les institutrices et la directrice sur les programmes scolaires en échangeant nos idées sur les modes d’enseignement.





Pendant que les mamans papottent, les hommes se lancent dans une partie de basket qui réuni petits et grands sous un soleil de plomb. A la mi-temps Michel nous dira : Ah taberouette qu’il fait chaud, ils sont habitués les gamins ! Cette expression populaire canadienne - qui diffère de quelques lettres suivant la bouche dont elle sort – nous fait sourire à tous les coups.

D’une des classes sort un brouhaha infernal avec de la musique à coin. Reggae Night est repris en cœur alors que certaines élèves se trémoussent en rythme sur les notes de Bob Marley. Tout le monde profite de cette journée relax, sans école.







Une notice, placardée un peu partout dans le village annonce la visite du dentiste. Ne vous avisez surtout pas d’avoir mal aux dents avant sa visite ou alors prenez votre mal en patience car il n’y aura personne pour vous recevoir à la clinique gouvernementale avant le 16 février.





Willie Rolle, un natif de 82 ans nous ouvre son Jardin d’Eden en nous faisant découvrir son art. En fait, lorsque Willie se rend dans le bush, comme il l’appelle, pour ramasser du bois flotté, il cherche avant tout l’inspiration. Il ne ramène dans son jardin que les morceaux qui lui ont parlé d’où l’on peut voir se détacher un aigle, un iguane, un hippocampe, un bélier. On se laisse guider par cet homme sage qui nous dira, sous l’œil attentif de son petit-fils à qui il transmettra certainement sa passion : Je préfère chercher l’inspiration dans la nature que devant une bière au café du coin.






En attendant que Willie n’arrive nous avons tenté de reconnaître des formes et de comprendre son art, sans succès. Malgré ses explications, nous n’avons jamais réussi à distinguer dans certains bois les sirènes et les femmes nues qu’il nous décrivait avec faste et détail.

Côté mer, la rive est plus découpée et les roches plus tranchantes. Nous entendons au loin un bruit sourd, profond qui forcément nous attire. En approchant nous observons que les rochers sont recouverts d’algues, nous sommes pourtant loin du bord. Il doit forcément y avoir un blow hole (un souffleur). La mer n’est pas très agitée au large et il nous faudra attendre qu’une grosse vague s’engouffre dans une cavité inférieure pour que l’impact de l’eau remonte jusqu’à nous.







Continuant notre balade sur ces roches tranchantes, nous arrivons à de magnifiques falaises. Le temps et la mer les ont creusées en laissant derrière eux ces paysages éphémères fait de roches sableuses.







Le soleil décline à l’horizon, mais les enfants sont déterminés à faire un saut à la plage pour se construire un radeau. Nous ne les sortirons de l’eau qu’une fois leur embarcation de fortune mise à l’eau et un test de flottabilité approuvé.








Le lendemain, nous quittons la charmante communauté de Black Pointe - en nous promettant de s’y arrêter à nouveau au retour – pour aller à Farmer Cay, distant seulement de 10 miles. Encore une fois la mer est belle, nous naviguons à vue en suivant les teintes bleues foncées qui nous ouvrent le chemin alors que les bleues claires nous signalent les bancs de sable que nous contournons bien évidemment.







New Life se balançant tranquillement au mouillage, nous descendons à terre pour visiter ce petit village de pêcheurs si rocailleux que les plantations de tomates et autres se font en bacs. Un gentil toutou nous accompagne pour la balade.







Marvin est tout content de poser devant l’école puisque nous sommes samedi et qu’elle est fermée.






Nous réalisons soudain que la seule route du village est traversée par une piste d’atterrissage. Il va sans dire que nous longeons cette piste jusqu’au bar de l’aéroport d’où nous espérons l’arrivée ou le décollage d’un petit avion. Nous serons vite récompensés puisque les propriétaires de ce petit Cessna, après avoir passé une heure à de plage, s’envoleront vers une autre destination, une autre île ou rentreront tout simplement chez eux.







Laissant derrière nous le ciel enflammé de la veille…,









… nous décollons pour Emerald Bay Marina. Oui vous avez bien lu, nous nous sommes offerts le luxe d’une marina. Pourquoi ? C’est tout simple, cette marina & resort, ouverte depuis plus de 6 ans est pratiquement vide. Son manager tente d’attirer le navigateur de passage en offrant un service qui n’a rien à redire pour la modique somme de 1$ le pied (minimum 40$) ; l’eau et l’électricité se payant à part si vous ne pouvez vous en passer. Jugez plutôt.






En plus, le café ou le chocolat du matin, la laverie (lavage/séchage), internet illimité, des douches avec gel, shampoing, lotion pour le corps, dentifrice, mousse à raser, crème solaire tout est compris dans le prix d’arrivée. Vous en conviendrez pourquoi se priver d’un tel accueil. Dommage que le capitaine n’ait pas profité de la mousse à raser !

Il ne faut pas abuser des bonnes choses, le lendemain donc nous pointons l’étrave de New Life en direction de Great Exuma, plus exactement à George Town, qui sera notre destination finale avant de rebrousser chemin, en direction des Abacos et des USA. En levant les jumelles sur le mouillage, je crois rêver. Je les passe à Thierry qui n’en croit pas ses yeux non plus. Nous avons rarement vu une telle concentration de bateaux et la seule envie que nous ayons est de faire demi-tour immédiatement.






Mais voilà, nous ne sommes pas seuls à bord et qui dit concentration dit forcément enfants, enfin on l’espère, car jusqu’à présent nous avons côtoyé plus de retraités que de familles sur l’eau. Alors tentons de nous trouver une place, sans empiéter chez les voisins. Une fois le mouillage assuré, nous descendons l’annexe pour aller à la plage et comprenons rapidement à quelle sauce nous allons être mangés. Nous sommes dans un énorme camp de vacances, alors gardons le sourire !






Dès 07.30 le matin c’est parti avec la VHF. Le net se prépare pour 08.00, les annonceurs réservent leur ordre de passage - après diffusion du bulletin de météo - pour informer les intéressés des activités journalières. Il y a plus de 300 bateaux au mouillage, je vous laisse donc imaginer ce que ça donne en radio, elle crépite sans discontinuer plus d’une heure durant. Ensuite chacun se rappelle, occupant tous les canaux à disposition pour savoir s’il participe au tournoi de volley-ball, au bridge, au scrable, à la dinghy ou à la pet parade, à la course de cocos, aux régates, au yoga, aux activités manuelles et j’en passe.







C’est simple après l’écoute de la météo nous éteignons tout simplement la VHF afin de pouvoir nous concentrer sur nos matinées scolaires, sachant pertinemment que les gamins se retrouveront plus tard sur la plage. Je n’ai pas le choix que d’aller voir la pet parade ; d’une part Marvin adore les chiens et d’autre part une piñata est à éventrer à la fin du show. Je passe l’appareil à Marvin en le laissant photographier cette exhibition qui ne vaut aucun commentaire si ce n’est ce bel ara qui relève un peu le niveau …. des couleurs.








Une fois la piñata ouverte, les bonbons distribués et le coup d’envoi de la soirée d’ouverture des régates lancé, il est temps de retourner au bateau. J’en ai assez vu et entendu pour la journée.







Les deux jours suivant, j’arrive à convaincre Marvin de délaisser Volley-ball Beach pour aller, avec son nouvel ami Daniel, voir la mer sur la côte au vent et monter au Monument d’où nous avons un coup d’œil imprenable sur le mouillage. Pas forcément enchanté au départ, il retrouvera tout de même le sourire en plaisantant avec son pote.





Vous l’aurez remarqué, le capitaine n’est pas forcément avec nous et personne ne va le forcer à apprécier ces après-midi récréatifs. Oui mais que fait-il alors ?

Ne croyez pas qu’il se morfond tout seul à bord. Il avait trouvé sur une plage un ancien pied de parasol en aluminium. Thierry s’est mis en tête de le faire voler en y adaptant une des ailes que Jim, notre ami du Hobby Shop de Titusville, lui avait donnée lors de notre passage. De ce tube va naître un planeur.

Bien entendu on ne fait pas voler aussi simplement un tube en alu. Il a dû d’abord l’évider pour l’alléger le plus possible, l’ouvrant suffisamment pour que les servos, les batteries et les commandes puissent y prendre place à l’intérieur. Il a ensuite dû créer une pièce en époxy parfaitement adaptée au profil de l’aile afin de la fixer sur le tube, mais en se laissant la possibilité d’en modifier son positionnement pour équilibrer le planeur. Enfin, n’ayant que l’aile principale, il a construit l’aileron arrière, avec profondeur et dérive.





Alors qu’il peaufine les derniers réglages, Marvin et moi déroulons la banderole que nous avions préparée en catimini pour l’occasion. Nos amis canadiens et américains sont là pour assister au premier vol de cet alu-plane version E.T.





Il pique quelques fois du nez au début, puis Michel se propose de le lancer afin que Thierry puisse se concentrer sur la télécommande. L’alu-plane décrit un joli cercle et vient se planter dans le sable. Aucun dégât, tout le monde applaudit et en redemande. Thierry jubile, il a le sourire qui lui fait trois fois le tour de la tête.

Puis un de nos amis émet l’idée que le planeur volerait plus longuement s’il était envoyé depuis le haut de Monument Hill. Thierry hésite un moment mais se laisse finalement convaincre. Pendant que Martin et Michel grimpent, les enfants font leurs pronostics sur la durée du vol. Jo et Marvin envoient leurs cerfs-volants. Tout à coup un wohoooo nous parvient du haut de la colline, nos amis sont prêts. Les cerfs-volants sont pliés pour un moment, Thierry contrôle ses commandes en donnant le feu vert à Michel.


C’est parti…Un tube de parasol en alu n’a jamais aussi bien volé !







Michel et Martin ne remonteront pas moins de six fois à Monument Hill pour lancer le planeur. Tout le monde passe un bel après-midi. Merci les amis d’être venus soutenir et encourager mon capitaine qui a maintenant encore plus de petits avions dans la tête.







Après cet après-midi de voltige aérienne, voilà de quoi vous mettre en appétit, une salade de lambis cru, arrosée de lime et de jus d’orange, un régal. Quant à ces pastenagues américaines elles se laissent volontiers caresser contre un déchet de lambis, ce qui fait la joie des enfants qui sont tous fous à l’idée de pouvoir toucher et nourrir des raies.






Un dernier coup d’œil à George Town pour un approvisionnement en fruits et légumes, une dernière soirée autour d’un feu avec nos amis, puisque c’est ici que nos routes se séparent pour un moment, certains continuant au sud alors que nous entamons notre remontée.






Et c’est également ici que je vous quitte pour ce volet en vous disant à la prochaine connexion.

Avec nos meilleures pensées,
Les New Life en balade